PROCÈS 2080

Procès Toulouse


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Les Procès 2080 : un dispositif critique

De cette approche naissent nos Procès 2080 : des procès fictifs et symboliques qui fonctionnent comme un dispositif critique interrogeant les zones de tensions.
Ils inversent la temporalité : le futur juge le présent, dénaturalise l’immédiat et rend visibles les violences structurelles. Cette mise en perspective redéfinit le partage du sensible, donnant voix :
• aux citoyens,
• aux générations futures,
• aux non-humains,
…tout en examinant de manière critique les structures de pouvoir et les conflits.

Tribunaux citoyens : une tradition de justice autonome

Nous nous inspirons des tribunaux citoyens, en premier lieu du Tribunal Russell (1967), qui, hors de tout cadre institutionnel, a posé les bases d’une justice citoyenne centrée sur l’enquête, le témoignage et la délibération. Sans reconnaissance officielle, ces tribunaux ont démontré que le droit peut être investi par la société civile. Alliant rigueur d’investigation et politisation maîtrisée, ils mènent leurs enquêtes avec méthode, rassemblent preuves et témoignages, suivent une procédure exigeante et rendent leurs jugements publiquement devant un jury. En 1966, le Tribunal Russell réunissait 24 personnalités de 18 pays, dont trois leaders afro-américains, pour juger les crimes de la guerre du Vietnam.

La Cour Internationale du Vivant

Dans cette lignée, notre Cour Internationale du Vivant rassemble :
• des juristes,
• des scientifiques,
• des chercheurs,
• des activistes,
pour dénoncer des crimes « injugeables » par les institutions actuelles.
Elle interroge les logiques de pouvoir, éclaire les violences invisibles et ouvre un espace où des formes de vie exclues des processus décisionnels peuvent enfin être représentées.

Rôle des tribunaux citoyens dans la justice environnementale

Les tribunaux citoyens jouent un rôle crucial dans la justice environnementale, exposant les abus et soutenant les résistances locales, forçant ainsi les institutions officielles à réagir. Pourtant, dans certains contextes de crise, la censure et la répression étouffent la parole, rendant même l’expression symbolique de ces injustices impossible.
C’est dans ce cadre que le futur devient un espace de libération : en projetant ces injustices dans un avenir hypothétique, notre Cour contourne la censure et offre une tribune aux voix réprimées. Elle se transforme en un lieu de résistance, d’imaginaire et de réinvention.
Penser le futur de l’humanité, c’est penser celui de la Terre. Le commun — ce qui ne se mesure pas — doit être préservé, car il porte la vie de chacun. Il appelle une conscience planétaire. Pour protéger le vivant et se sauver, l’humanité doit inventer une utopie terrestre.
Aucun Tribunal-Terre n’existe encore : cette juridiction de la Terre, qui n’existe pas encore, nous la faisons exister : nous la nommons Cour internationale du vivant.

Juger le présent depuis le futur

La Cour internationale du vivant s’inscrit dans la lignée des Tribunaux Russell. Elle interroge le présent depuis le futur : comment juger les violences politiques, climatiques et sociales infligées à demain ? Que transmettre à ceux qui viendront après nous ? De quoi serons-nous les passeurs ? Quels récits, quels gestes survivront à notre époque ? Quelle mémoire du monde laisserons-nous entre leurs mains ? Quels nouveaux concepts juridiques pour demain ?

Méthodologie

Sur scène : juge, avocats, procureur, témoins. Des jurés, tirés au sort parmi le public, délibèrent et rendent un verdict au nom du futur — un geste à la fois politique et symbolique.
Les Procès 2080 ne sont pas un simple jeu de rôle : ce sont des dispositifs de dévoilement. Ils rendent visibles des enjeux étouffés, déplacent les repères et formulent des propositions.
2080 n’est ni dystopique ni déconnecté du présent. Nous projetons un futur plausible, fondé sur les rapports du GIEC, les données scientifiques et les dynamiques sociales.

Une Cour foraine, en mouvement

La Cour Internationale du Vivant est itinérante. Elle se déplace dans les territoires marqués par des tensions politiques et sociales, là où le droit positif peine parfois à saisir les crises. Fidèle à la tradition des juridictions mobiles, elle juge sur place, au plus près des populations.
Chaque procès respecte le principe du contradictoire et de l’enquête rigoureuse, inspirée des tribunaux Russell. Il se co-construit avec les habitants selon une méthode participative, refusant abstraction et exercice de style.
Il s’appuie sur celles et ceux dont le métier est le droit, la science ou l’étude du vivant : juristes, économistes, anthropologues, politologues, biologistes, psychiatres. Leur expertise structure le débat et nourrit un modèle juridique audacieux pour demain.

Le Bureau d’enquête des procureurs du futur

Le Bureau sélectionne les situations à instruire et mobilise juristes, politologues, anthropologues, philosophes et psychologues. Il mène ses enquêtes et les croise à des données de 2025 : documents officiels, études scientifiques… Ces matériaux constituent la base d’une analyse à partir de laquelle émerge une scénarisation rigoureuse, toujours ancrée dans les faits et l’enquête, jamais produite ex nihilo.
À partir de cette scénarisation, nos juristes travaillent à la qualification des faits juridiques.
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